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Le premier cri d’un futur grand Cri…

Le 23 février dernier, le petit Kaleo Joseph Gary Rabbitskin voyait le jour, soutenu par la joie et le feu sacré de sa grand-mère et de ses tantes. Cela faisait cinquante ans qu’aucun accouchement n’avait eu lieu dans cette région du Saskatchewan, faute de sages-femmes formées sur place pour accompagner les naissances dans la tradition ancestrale de la communauté Nehiyawak. Les Cris (Nehiyawak en langue crie) représentent le peuple autochtone le plus important et le plus largement réparti au Canada.


◆ Un long chemin
Au cours des cinq dernières décennies, les femmes autochtones devaient parcourir en moyenne 200km pour accoucher loin de leurs proches, comme l’indique le Canadian Medical Association journal. Après quinze années de consultations, de planification et de formation pour la mise en place d’un programme complet permettant à une mère d’accoucher à Sturgeon Lake et près d’une décennie supplémentaire consacrée à la résolution des obstacles administratifs et à la collecte de fonds pour faire démarrer le projet, la naissance de Kaleo Joseph Gary Rabbitskin est une victoire ! « La naissance est un droit inhérent, rien à quoi nous ayons jamais renoncé. Nous voulions éloigner les mères et les bébés de l’environnement froid et stérile des centres de soins habituels », a précisé Shirley Bighead (directrice du Sturgeon Lake First Nation Health Center) sur la chaîne canadienne CTV News. D’ici l’année prochaine, la législation devrait bénéficier de cette première expérience menée au Saskatchewan. Des formations de sages-femmes accompagnantes et formées dans les traditions sont en cours. Actuellement, onze femmes enceintes et trente-six mères suivent les pratiques d’accouchement nehiyawak dans le cadre d’un programme pilote à Sturgeon Lake. Norma Rabbitskin, infirmière et grand-mère de Kaleo, est la responsable du projet.




©Pixabay

◆ Des soins spirituels et émotionnels dès la naissance
« Lorsque le bébé est né, c’était dans un environnement chaleureux et accueillant, soutenu par le feu sacré et par la cérémonie d’accueil » a indiqué Shirley Bighead. Le nouveau programme de naissance comprend effectivement des enseignements culturels autour de l’accueil des nourrissons et de l’éducation des enfants ainsi que différentes cérémonies : le calumet et le baptême qui permet au bébé de recevoir son nom cri. « Nos bébés naissent avec notre culture. Ils sont plus heureux et plus en sécurité et la cérémonie les a ancrés dans nos traditions », a déclaré Norma Rabbitskin, grand-mère du petit Kaleo. Deux sages-femmes venant du Manitoba et de l’Ontario, deux travailleurs de soutien et deux infirmières habilitées étaient sur place lors de cette première naissance. Le SLNF (Surgeon Lake First Nation) travaille maintenant avec le Conseil national autochtone des sages-femmes pour en recruter et former de nouvelles grâce à l’enseignement à distance. Mme Rabbitskin espère bien former une sage-femme pour la communauté qui pourra également proposer des consultations holistiques sur la santé et le bien-être dans les domaines de la fertilité, de la grossesse, de l’accouchement et des soins palliatifs. Le SLFN vient d’approuver les plans du futur centre de naissance qui sera bientôt construit dans la réserve. Celui-ci comprendra quatre salles d’accouchement, une baignoire spéciale et une salle familiale. Il devrait voir le jour à la fin de l’année 2023.



« Je pense que c’est très bien de parler de souveraineté, de juridiction et d’autonomie mais je crois que ce que nous faisons, c’est de pratiquer cela, pas seulement d’en parler. », Shirley Bighead


Jessica Baucher


  • Photo en tête d’article : Le bébé Kaleo Joseph Gary Rabbitskin©HO-NORMA RABBITSKIN **CRÉDIT OBLIGATOIRE** / ©LA PRESSE CANADIENNE 
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