La Colombie interdit l’excision : une loi historique votée par le Congrès

La Colombie s’apprête à franchir une étape historique dans la protection des droits des filles. Après deux ans de débats, le Sénat a adopté une loi interdisant les mutilations génitales féminines, une pratique encore observée dans certaines communautés autochtones. Une avancée majeure saluée par les défenseurs des droits humains et les organisations de protection de l’enfance.


◆ La Colombie franchit une étape majeure dans la lutte contre l’excision
Le Sénat colombien a approuvé, le 10 juin 2026, un projet de loi interdisant les mutilations génitales féminines (MGF), une pratique encore présente dans certaines communautés autochtones du pays. Cette avancée législative, obtenue après deux années de débats et sous la pression de collectifs de femmes et d’organisations de défense des droits humains, marque un tournant historique pour la protection des filles en Colombie. L’adoption définitive du texte devrait intervenir dans les prochains jours avec la validation attendue du président Gustavo Petro.



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Une pratique aux conséquences graves pour la santé et les droits des filles
Les mutilations génitales féminines, qui consistent notamment en l’ablation partielle ou totale du clitoris, sont considérées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une violation des droits fondamentaux des femmes et des filles. Cette pratique peut provoquer de graves complications médicales telles que des hémorragies, des infections, des douleurs chroniques et, dans certains cas, entraîner la mort. En Colombie, l’excision est généralement pratiquée sur des nouveau-nés. Bien qu’aucune statistique officielle ne soit disponible, des centaines de fillettes seraient concernées chaque année selon plusieurs estimations.


Premier pays d’Amérique latine à légiférer spécifiquement sur les MGF
Avec cette loi, la Colombie devient le premier pays d’Amérique latine à adopter un texte spécifique visant à interdire les mutilations génitales féminines. Le pays est également le seul du continent où cette pratique a été documentée de manière récurrente. Le projet de loi prévoit non seulement l’interdiction mais aussi la mise en place de prévention, d’accompagnement des victimes et de sensibilisation au sein des communautés concernées.



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◆ Le témoignage des femmes au cœur du combat
L’adoption de cette législation a été portée par de nombreuses femmes autochtones ayant dénoncé les conséquences dramatiques de l’excision. Parmi elles, une agricultrice de 74 ans, excisée dès sa naissance, a témoigné de la réalité vécue dans certaines communautés : « On voyait souvent des fillettes mortes. On pensait que c’était normal ». De son côté, la dirigeante de la communauté Embera, a rappelé devant les sénateurs que cette pratique ne devait pas être considérée comme une tradition culturelle : « Ce n’est pas une pratique culturelle. C’est une pratique néfaste qui a été imposée dans nos réserves ».


Une réalité encore sous-estimée
Selon l’ONG Equality Now, 204 cas d’excision ont été recensés en Colombie entre 2020 et 2025. Toutefois, les associations estiment que le nombre réel de victimes est largement supérieur, de nombreux cas n’étant jamais déclarés. Les origines exactes de cette pratique dans le pays restent incertaines. Certaines hypothèses évoquent l’influence de croyances introduites durant la période coloniale et transmises au fil des générations dans certaines communautés isolées.


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Une victoire symbolique pour les droits des femmes
Lors du vote au Sénat, plusieurs parlementaires ont affiché des pancartes portant le message « Petites filles sans ablation », illustrant le soutien politique grandissant à l’éradication des mutilations génitales féminines. Cette loi représente une avancée majeure pour la protection des droits des filles et des femmes en Colombie. Elle envoie également un signal fort à l’échelle régionale en plaçant la lutte contre les violences faites aux femmes au cœur des priorités législatives du pays.



L’adoption de cette loi marque un tournant décisif dans la lutte contre les mutilations génitales féminines en Colombie. Au-delà de l’interdiction, le texte ouvre la voie à des actions de prévention, de sensibilisation et d’accompagnement des victimes. En devenant le premier pays d’Amérique latine à se doter d’un cadre législatif spécifique contre l’excision, la Colombie envoie un message fort : la protection de l’intégrité physique et des droits fondamentaux des filles ne peut souffrir aucune exception…


Jessica Baucher




image en tête d’article : ©Pixabay

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