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Masque-heaume hemba, Suku, visible à l'exposition du musée du quai Branly ©Musée royal de l’Afrique centrale, Tervuren. Photo Jo Van de Vijver

Mise en lumière des arts traditionnels du Bandundu

Le musée du Quai Branly – Jacques Chirac nous offre actuellement la chance de découvrir plus de 150 oeuvres du sud-ouest du Congo. « La part de l’ombre », exposition orchestrée par Julien Volper, conservateur à l’AfricaMuseum de Tervuren (Belgique) et maître de conférences en histoire de l’Art de l’Afrique à l’Université libre de Bruxelles, dévoile une très riche production artistique d’une région encore méconnue. Masques d’initiation mukanda, statuettes yaka et autres oeuvres à forte charge symbolique mettent en valeur l’extraordinaire inventivité et les usages rituels des peuples du Bandundu.

◆ Pièces précieuses
Le sud-ouest du Congo correspond à l’ancienne province du Bandundu, constituée des territoires actuels du Kwango, du Kwilu, du Mai-Ndombe et de la province de Kinshasa, et habités par les peuples Tshokwe, Holo, Pende, Yaka, Wongo et Ngongo. Couvrant environ la moitié de la superficie de la France, la région est extrêmement riche culturellement et artistiquement, en témoigne l’immense diversité des masques, statues et autres objets présentés lors de cette exposition. Fabriquées à partir de bois, de plumes, de pigments, d’écorces et fibres végétales, de peaux tannées, de clous et de perles, ces créations sont autant d’invitations à regarder et ressentir pour mieux se relier et comprendre. « Environ 80% des objets de l’exposition proviennent, en effet, des collections du Musée royal de l’Afrique centrale de Tervuren, mais d’autres institutions nous ont également prêté des objets exceptionnels, comme le Musée International du Carnaval et du Masque de Binche, ou le musée ethnologique de Hambourg », souligne Julien Volper.

©musée du quai Branly

Masques mukanda et initiation
Le parcours de l’exposition débute avec les masques en bois, ornés de fibres végétales du peuple Tshokwe, à l’expression majestueuse et mystérieuse; les masques pende, aux yeux exorbités et ceux des holo, à têtes d’animaux. Tous sont destinés à l’initiation masculine mukanda qui se pratique entre l’âge de neuf et quinze ans et qui débute par la circoncision puis par un isolement de plusieurs semaines en brousse, à l’écart des adultes et durant lequel les jeunes apprennent les mythes fondateurs de leur Histoire, les arts, les valeurs morales ainsi que les techniques de chasse. Durant ce rite de passage, les masques protègent les initiés contre les forces malveillantes, ils sont à la fois leurs protections et leur inspirent en même temps une certaine forme “d’effroi” qui les incite à respecter les règles du mukunda. Il serait cependant présomptueux de prétendre connaître leur signification exacte ainsi que leur charge magique réelle.


Masque pwo, Tshokwe, bois, pigments, fibres végétales, textile © Musée royal de l’Afrique centrale, Tervuren, photo Studio R. Asselberghs – F. Dehaen, MRAC Tervuren

Statuaires et armes
Après la partie consacrée aux masques, un large espace dédié à la statuaire nous dévoile un panel impressionnant de pièces encore jamais présentées au public, à ce jour.
Statuettes funéraires, fétiches, reliquaires, figures-pendentifs et sabres d’apparat, assumant tour à tour des fonctions rituelles et sociales, nous plongent dans la subtilité d’univers qui gardent leur part d’ombre et de lumière…

La part de l’ombre, sculptures du sud-ouest du Congo, jusqu’au 10 avril, Musée du quai Branly, 37, quai Jacques-Chirac, 75007 Paris.


* Crédit photo en tête d’article : masque-heaume hemba, bois pigments, fibres végétales, textile, clous de tapissier ©Musée royal de l’Afrique centrale, Tervuren, présenté @Musée du quai Branly
* Pour aller plus loin : visite guidée avec Julien Volper, le commissaire de l’exposition et présentation “ Giants masks from the Congo” de l’AfricanMuseum

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