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©Romain Duda

Afrique Centrale – Paroles autochtones

Le chercheur en anthropologie et photographe Romain Duda a animé, le 11 février dernier, une table-ronde sur le thème « Paroles autochtones » à l’Institut français du Congo de Brazzaville, en marge de l’inauguration de son exposition « Forêts humaines » – Pygmées Aka et Baka dans le monde qui vient. Cette très belle exposition avait été montrée aux Parisiens en octobre et novembre 2021 dans le parc des Buttes-Chaumont.


Sortir de la forêt 
La table-ronde a vu la participation de responsables d’associations et membres de la société civile, ainsi que des représentants des ethnies Bayaka, Batwa et Babongo, pour discuter de l’état des droits autochtones au Congo. Il s’est aussi agi de présenter leur point de vue sur des situations qui sont au cœur de leur quotidien : droits humains et discriminations, accès à la santé et à l’école, changements sociaux, environnementaux et climatiques. Romain Duda a souligné, en préambule, la notion de « perte d’identité » de ces populations, fruits de « stigmatisation », de « discrimination », et de « rapports de domination avec leurs voisins ».  Beaucoup de jeunes autochtones font savoir qu’ils vont à l’école « pour être comme les Bantous », le principal groupe linguistique de l’Afrique sub-saharienne. Pourtant, « parce qu’ils sont nés pygmées, ils sont nés autochtones, Aka, Mbaka, Batsoua, Baboutis… et le resteront toujours », souligne Bruno Okokana dans son article pour l’Agence d’information d’Afrique Centrale. L’échange a montré que les formes de racisme auxquelles font face ces populations sont également institutionnelles et concernent l’accès à l’école, aux soins, à l’administration, à l’emploi… 
Considérés comme « habitants de la forêt », les groupes autochtones sont appelés par certains à en sortir et « se développer ».


Romain Duda ©Ralff Lhyliann

Impact sur la santé
L’exposition a présenté vingt-cinq tirages de photographies en noir et blanc prises par Romain Duda lors de différents terrains de recherches anthropologiques au sein de villages autochtones Baka du Cameroun et Aka du nord, entre 2012 et 2021, illustrant le quotidien des autochtones Baka. Les clichés montrent la richesse de la culture, le fonctionnement social, le rapport intime à la forêt et les savoirs traditionnels de cette population, mais illustrent aussi sa marginalisation. Et « le fait que la population autochtone soit marginalisée socialement a un impact sur sa santé », observe Romain Duda. Il poursuit actuellement des recherches en post-doctorat, à l’Institut Pasteur, au sein du projet Microtone, une étude à l’interface de l’anthropologie historique, de l’ethno-zoologie et de la compréhension de l’émergence des maladies zoonotiques. Dans ce cadre interdisciplinaire, il mène avec Tamara Giles-Vernick (institut Pasteur) et Victor Narat (CNRS) une analyse des contacts humains-animaux, le long d’un gradient écologique en zone de mosaïque forêt-savane en République démocratique du Congo (territoire de Bolobo).


@Ralff Lhyliann




©Ralff Lhyliann


Jocelin Morisson



* Crédit photo en tête d’article : photographie ©Romain Duda

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