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L’engagement d’un cinéaste à faire vivre les langues autochtones

Après avoir déjà fait l’expérience dans un premier opus consacré à la langue crie du peuple autochtone Nehiyawa au Canada, le réalisateur et producteur Wahbi Zarry a réitéré son défi avec 10 Days of Nakota. Imaginez-vous apprendre une nouvelle langue et mettez-vous une limite de dix jours pour le faire… pensez-vous pouvoir réussir ?


◆ Un parcours singulier
Wahbi Zarry est originaire du Maroc et a grandi en France où il a débuté sa carrière dans l’audiovisuel puis il est parti faire un stage à l’Office national du film de Montréal. Il a découvert les langues autochtones après s’être installé dans la région du Saskatchewan pour y apprendre, au départ, l’anglais et devenir professeur de français. C’est ainsi qu’il a eu la joie de découvrir le langage des cris : « Je crois que les langues autochtones du Canada ont beaucoup à donner et à offrir. Il y a certaines particularités de ces langues qui sont fantastiques et qu’il est important de connaître ». Cela a donné lieu à une première série de documentaires sur la chaîne YouTube Canadian Languages, véritable plongée dans une aventure de dix jours de transmission visant à démontrer que lorsque le coeur y est, tout est possible !  Le Dr Thomas Chase, professeur et administrateur principal de l’université de Regina a même commenté : « 10 Days of Cree est un bel exemple de la qualité du travail produit par nos étudiants et, tout aussi important, c’est également un bel exemple de réconciliation en action qui devrait nous inspirer et nous servir d’exemple à tous ». Wahbi a déclaré que les langues autochtones sont les vraies langues canadiennes. Il a dit que l’anglais venait d’Angleterre et le français de France, mais que le cri venait des Prairies…!



Wahbi Zarry, réalisateur de 10 Days of Nakota ©Leslie Diaz

◆ L’âme de la langue
Les Nakodas aujourd’hui appelés Assiniboines, sont un peuple autochtone de la même région que les Cris. Ils rassemblent plusieurs peuples ayant tous la même langue : le nakota qui est une variante du langage sioux des Dakotas. Wahbi Zarry a donc décidé de poursuivre sa websérie en consacrant un second volet dédié à l’apprentissage de cette langue. Dans ce documentaire, Crocus Bigeagle, de la réserve Ocean Man, une jeune fille de dix ans dont le nom signifie en nakota : “fille-fleur souriante“, a été son principal professeur ! Il a également rencontré des chefs et gardiens du savoir autochtone dont Peter Bigstone, figure historique qui connait plus du langage nakota que n’importe qui dans le monde au point de donner aujourd’hui des leçons (en anglais) depuis sa chaine Youtube. « Il est l’âme de la langue nakoda » précise Wahbi Zarry. « Mon grand-père, Dick Nahbexie, est né en 1877 et il est mort en 1976 à quatre-vingt-dix-neuf ans et il n’a jamais parlé un mot d’anglais et c’est ainsi que j’ai appris à garder ma langue » raconte Peter Bigstone. Le nakota fait malheureusement partie des langues autochtones qui ont beaucoup perdu de leur vitalité au Canada mais Wahbi pense que les choses sont cependant en train de changer. Une nouvelle génération de chefs autochtones arrive en force, celle des jeunes titulaires de diplômes universitaires : « C’est incroyable de pouvoir filmer cette émergence, quand on pense que maintenant on peut obtenir un diplôme d’études secondaires en nakota, c’est formidable ».



« La langue, c’est le miroir d’une culture, c’est ce que l’on entend d’elle, elle en donne le premier reflet. Libre à chacun ensuite d’aller plus loin pour la découvrir et l’expérimenter. » Wahbi Zarry


Jessica Baucher


Pour aller plus loin :
– la page Youtube de la série 10 days of Nakota (en anglais)
– la page Youtube de la série 10 days of Cree (en anglais et quelques passages en français)
– la page Facebook de Wahbi Zarry
– le compte instagram de Canadian Languages

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